Déploiement de l’autopartage

Preuve de l’intérêt accordé par les acteurs historiques de l’automobile à l’émergence de ces nouvelles entreprises et de ces nouveaux services, des loueurs privés comme Hertz ou Avis ont lancé de nouvelles filiales (Connect by Hertz, Okigo pour Avis) censées répondre aux évolutions du marché de la mobilité. De même, des constructeurs automobiles proposent des services qui pourraient s’apparenter à de l’autopartage par leur ambition. PSA a notamment pris cette direction avec son service Mu. Toutefois, la location d’une voiture étantconditionnée par l’ouverture de la concession, cette activité n’entre pas, stricto sensu, dans le périmètre décrit ici. Renault propose dans une perspective du même type un service R-Access, qui permet aux ZOE, Clio et Captur de disposer d’un boitier d’ouverture à distance en première monte. Les véhicules ainsi équipés sont prédisposés à servir de support à une future activité d’autopartage. Dans la même posture « proactive », le constructeur s’est allié avec Bolloré pour fournir un service d’autopartage BtoC en Indonésie19. Parallèlement, de nouveaux acteurs font également leur apparition et commencent à se positionner sur ce marché naissant de la mobilité partagée. Nous pouvons citer par exemple la société Wattmobile qui, en juin 2014, a lancé son service de location de quadricycles ou de scooters électriques en libre-service sur les parkings des gares SNCF. Plus récemment encore, l’entreprise, spécialisée dans l’installation de stations de petits véhicules électriques a noué un partenariat avec la SNCF pour permettre aux abonnés « Voyageur » de la société de rail, de louer des véhicules via une application dédiée appelée iDPass. La carte fidélité SNCF permet de faire démarrer le véhicule sans badge spécifique20. En 2015, Wattmobile équipera une vingtaine de gares réparties dans toute la France et ambitionne d’étendre son offre à Londres et/ou à Bruxelles. Lancé dans quatre gares : Paris Gare de Lyon, Marseille Saint-Charles, Lille Flandres et Lyon Part-Dieu, le service est principalement destiné aux usagers du rail ayant un besoin de mobilité ponctuel. Dans cette optique, la location courte durée d’un petit véhicule électrique est présentée comme une solution de mobilité plus efficace que les transports en commun. Après une première levée de fonds de 400 000 € en 2012, la PME emploie actuellement huit personnes en région Rhône-Alpes. Parmi les financeurs, on trouve le français Full Charger, spécialisé dans la fourniture de bornes de recharge électrique et investisseur principal. On trouve également des sociétés comme le Crédit Coopératif, Total Développement, EADS Développement ou encore SNCF Développement. De même, le leader mondial de l’autopartage Zipcar a ouvert en septembre 2014 son premier dispositif en France, en mettant à disposition des Parisiens 100 véhicules, de l’utilitaire à la voiture citadine, répartis dans 60 stations en parking souterrain. Source: http://www.lesplusbellesvoitures.com

Published in:Uncategorized |on janvier 9th, 2017 |Comments Off

Mémoire

Si la Résistance et la collaboration ont été le sujet de nombreuses oeuvres, rares sont celles qui racontent les prisonniers de guerre français. Il y a trois ans presque exactement, je consacrais l’une de mes chroniques d’été à un livre qui m’avait bouleversé. Dans Quelle histoire, un récit de filiation (1914-2014), l’historien Stéphane Audoin- Rouzeau, abandonnant assez courageusement à la veille du centenaire de la Grande Guerre l’écriture académique et universitaire, choisissait de traquer à travers son histoire familiale les failles psychologiques laissées par le conflit dans l’inconscient des générations survivantes. La guerre, contrairement à ce qui a trop souvent été dit ou écrit, laisse chez ceux qui en reviennent une fragilité parfois insoupçonnable mais ravageuse. Depuis, ce livre est devenu un best-seller de l’édition et a certainement évoqué plus profondément les effets de la guerre de 1914-1918 sur notre société que bien des sommes assommantes. C’est à un voyage un peu similaire qu’invite Sine die, le livre discret publié aux Éditions Illador par l’ambassadeur Alain Briottet qui, après une carrière diplomatique brillante, préfère, plutôt que de révéler, comme certains de ses collègues, les secrets des chancelleries, affronter le destin d’un père officier prisonnier d’un oflag quelque part en Poméranie. Si la littérature et surtout le cinéma français ont mis en scène la Résistance puis la collaboration dans un étrange mouvement de balancier qui a d’abord voulu faire de la France une patrie de héros avant d’en faire un pays de salauds, les deux millions de prisonniers français qui se sont retrouvés dans des stalags après la débâcle ont rarement retenu l’intérêt des auteurs, des cinéastes et, disons-le, du public. On exceptera bien sûr la Vache et le Prisonnier, sorte d’ode géniale et burlesque à la “débrouillardise” française, mais le père d’Alain Briottet n’est pas Fernandel et son destin ne prête pas à la dérision. Il est l’un de ces 40 000 officiers français qui, après une “drôle de guerre” qui ne faisait rire que les chansonniers, furent les premiers prisonniers de la ligne Maginot avant d’être ceux du IIIe Reich. Ces hommes, le plus souvent issus de l’élite sociale et intellectuelle du pays, ont été rayés de notre mémoire collective. Non seulement ils avaient perdu la guerre dans des conditions déshonorantes, et parfois sans avoir même tiré un coup de fusil, mais surtout ils furent absents de l’histoire de leur propre pays pendant près de cinq ans. De l’Occupation, de la collaboration, de la Résistance et surtout de la Libération, ils ne furent ni les acteurs ni même les simples témoins. Après avoir été les soldats de la débâcle puis les soldats fantômes d’une armée française tombée aux mains de l’ennemi, ils furent aux yeux de leurs familles et parfois de leurs propres enfants des revenants bien encombrants. En Pologne, le massacre de Katyn avait réduit au silence éternel les officiers vaincus de l’armée polonaise. En France, ce fut l’indifférence qui se chargea de les faire oublier. C’est cette confrontation entre la France défaite et la France libérée qu’Alain Briottet décrit avec une pudeur dont la poésie retenue n’est pas la moindre des qualités.

Published in:Uncategorized |on décembre 21st, 2016 |Comments Off

Ce pape qui nous dérange

Il ne faut pas attendre du pape qu’il prêche une nouvelle croisade contre les infidèles ou qu’il s’éloigne d’un iota du message d’un Évangile dont il est le gardien. A la différence de ces prédécesseurs, le pape François parle beaucoup et souvent. À peine rentré des Journées mondiales de la jeunesse, à Cracovie, il s’est rendu à Assise sur le lieu même où vivait saint François auquel il a emprunté son prénom pour tout son pontificat, afin de faire un discours magnifique sur le pardon et la patience de Dieu. Mais, disons-le franchement : beaucoup de catholiques ont été choqués par certains propos qu’il a tenus dans l’avion qui le ramenait de Pologne. Interrogé par un journaliste français sur l’assassinat du père Jacques Hamel : il a refusé de condamner le terrorisme islamiste. « Je n’aime pas parler de violence islamique, a-t-il déclaré avant d’ajouter : si je parlais de violence islamique, je devrais également parler de violence catholique. Tous les musulmans ne sont pas violents ; tous les catholiques ne sont pas violents. Je crois que dans presque toutes les religions, il y a toujours un petit groupe fondamentaliste. Mais on ne peut pas dire — je crois que cela n’est pas vrai et que ce n’est pas juste — que l’islam est terroriste. » Naturellement ce sont des paroles difficiles à entendre pour des catholiques français qui ont vécu le martyre de ce vieux prêtre comme l’esquisse d’une guerre de religion. Depuis plusieurs semaines, je reçois beaucoup de courrier de lecteurs qui, après avoir été enthousiasmés par l’élection de ce pape sud-américain, jésuite, et si désireux de remettre la pastorale au coeur de son action, se trouvent décontenancés par ses déclarations sur les migrants, par les conclusions du synode sur la famille, ou par son refus de faire l’amalgame entre l’islam et les agents de la terreur envoyés en Europe par le groupe État islamique. Mais que donc le pape François peut-il dire d’autre que le message de l’Évangile ? Quand Jésus-Christ dit : « Frappez et l’on vous ouvrira », le successeur de saint Pierre ne peut pas dire qu’il faut rejeter à la mer tous les réfugiés qui viennent chercher en Europe un monde meilleur. Cela ne l’a pas empêché d’ajouter — et il a été l’un des premiers à le dire à voix haute — que parmi ces migrants il y avait probablement des terroristes. De la même manière en refusant de condamner l’islam tout entier, le souverain pontife veut éviter tout engrenage qui déboucherait sur une guerre de religion et, surtout, que parmi les catholiques émergent des groupes fondamentalistes. Si l’on relit l’intégralité de ses propos, on s’aperçoit que ce pape, jésuite jusqu’au bout des ongles, est convaincu que les terroristes que nous devons combattre sont des nihilistes plus que des islamistes. Ils veulent détruire un mode de vie qui les gêne, une culture judéo-chrétienne qui les dérange et une société où ils n’ont pas leur place. C’est exactement ce qu’explique un spécialiste de l’islam comme Olivier Roy. Il ne faut pas attendre du pape François qu’il prêche une nouvelle croisade contre les “infidèles”, comme Innocent III avec la quatrième croisade ou Grégoire IX avec la sixième croisade menée par Frédéric II de Hohenstaufen. Cela ne l’empêche pas de déployer tous les moyens possibles pour protéger les chrétiens d’Orient martyrisés par Dae’ch. Il y a deux ans, revenant d’un voyage en Asie, il avait même insisté pour que son avion se pose à Bagdad, et c’est son entourage qui l’en a dissuadé pour des raisons de sécurité. Mais le rapprochement historique qu’il a mené et conduit avec le patriarche Cyrille de Moscou, que l’on sait très proche de Vladimir Poutine, avait pour but de faire en sorte que les Russes prennent part à cette mission de protection des chrétiens d’Orient et des lieux saints. Enfin, il ne faut jamais oublier que le pape François est le premier pape sud-américain de l’histoire. Il a été arraché à ses bidonvilles d’Argentine pour devenir tout d’un coup le pasteur de l’Église universelle et de son milliard de fidèles. Il a donc des réflexes, une culture et une histoire personnelle qui le portent à s’exprimer avec beaucoup moins de prudence et beaucoup plus de sens de la provocation que ses prédécesseurs. Mais en réponse à tous les lecteurs qui sont quelquefois tétanisés ou déconcertés par ce pape, je répondrais ce par quoi le génial avocat Jean-Louis Tixier-Vignancour avait terminé sa magnifique plaidoirie lors du procès du général Salan. À quelques jours de l’Assomption de la Vierge : « Je dis qu’il ne faut pas jeter une ombre de deuil dans le printemps de Marie, qu’il ne faut pas placer dans l’avenir qui est devant nous le germe fondamental d’une discorde éternelle. Vous avez entre vos mains, le moyen d’accomplir un geste pour que se réalise, au bout de la nuit, la fragile et difficile unité des vivants. »

Published in:Uncategorized |on décembre 21st, 2016 |Comments Off

Voltige en L-39

Ce cadeau-là, vous pouvez me croire : je ne risque pas de l’oublier avant longtemps ! Dernièrement, j’ai en effet eu mon quota annuel de sensations lors d’un incroyable vol en avion de chasse, sur un L-39. Cela faisait un bail que je souhaitais en faire un, mais il est probable que je n’aurais jamais osé passer à l’acte. Ca requiert tout de même pas mal d’argent : j’aurais eu du mal à investir une telle fortune pour ma petite personne. Mais c’était compter sans l’intervention de ma chère et tendre, qui a résolu de me l’offrir sans même me prévenir. Et elle a attendu que nous soyons au Flunch pour me l’annoncer comme ça, l’air de rien. Pourquoi le Flunch, me direz-vous ? C’est juste parce qu’elle trouvé ça plus original que lors d’un dîner romantique. Elle m’a déclaré que si je me sentais redevable, je n’avais qu’à lui organiser une soirée en amoureux. J’ai intérêt à avoir de l’imagination quand je la lui organiserai, parce que là, elle a vraiment fait fort ! C’est quelque chose que j’aime vraiment chez elle, et ce depuis toujours : son côté imprévisible. Elle a toujours été comme ça, dès le premier jour. Je l’ai rencontrée pendant les études, au cours d’une soirée étudiante. Il n’était même pas minuit quand une fêtarde complètement soûle est venue vers moi. Elle ne se sentait pas bien et voulait aller aux toilettes. Je lui ai montré le chemin, puis ai dû la soutenir, et pour finir je lui ai tenu les cheveux pendant qu’elle vomissait. Je n’aurais jamais pensé à ce moment-là que j’avais rencontré la personne avec qui j’allais me marier ! Et c’est comme ça que bien des années plus tard, nous sommes devenus parents. Bizarrement, quand nos enfants nous demandent comment nous nous sommes rencontrés, ce n’est pas du tout cette version-là qu’elle leur donne ! Soit dit en passant, si vous ne savez pas quoi vous faire offrir pour votre anniversaire, ce vol en L-39 en vaut vraiment la pleine. Les sensations qu’offre un tel appareil sont clairement extraordinaires. D’ailleurs, je vous mets en lien le site par lequel ma femme est passé. En espérant que votre femme soit aussi imprévisible que la mienne ! Pour en savoir plus: https://www.tematis.com/vol-avion-chasse-l39-paris-pontoise.html

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Published in:Uncategorized |on octobre 28th, 2016 |Comments Off

La bonté

Une source de lumière sur le chemin de l’humanité est la bonté. Je ne suis pas de ceux qui croient à la perfection naturelle de l’homme et enseignent que la société le corrompt. De toutes les formes du mal celle qui m’effraie le plus est au contraire la forme héréditaire. Mais je me suis parfois demandé comment il se fait que ce vieux virus empoisonné des instincts vils, des vices inoculés dans le sang, tout l’amas des servitudes que nous lègue le passé, n’ait pas eu raison de nous. C’est sans doute qu’il y a autre chose. Cette autre chose est la bonté. Étant donné l’inconnu qui plane sur nos têtes, notre raison bornée, l’énigme angoissante et contradictoire des destinées, le mensonge, la haine, la corruption, la souffrance, la mort, que penser? que faire? À toutes ces questions réunies une voix grande et mystérieuse a répondu: Sois bon. Il faut bien que la bonté soit divine comme la confiance, comme l’espérance, puisqu’elle ne peut pas mourir, alors que tant de puissances lui sont contraires. Elle a contre elle la férocité native de ce qu’on pourrait appeler la bête dans l’homme; elle a contre elle la ruse, la force, l’intérêt, et surtout l’ingratitude. Pourquoi passe-t-elle blanche et intacte au milieu de ces ennemis sombres, comme le prophète de la légende sacrée au milieu des fauves rugissants? C’est parce que ses ennemis sont chose d’en bas et que la bonté est chose d’en haut. Les cornes, les dents, les griffes, les yeux pleins d’un feu meurtrier, ne peuvent rien contre l’aile rapide qui s’élance vers les hauteurs et leur échappe. Ainsi la bonté se dérobe aux entreprises de ses ennemis. Elle fait mieux encore, elle a connu quelquefois ce beau triomphe de gagner ses persécuteurs: elle a vu les fauves se calmer, se coucher à ses pieds, obéir à sa loi. Au cœur même de la foi chrétienne la doctrine la plus sublime et, pour qui sait en pénétrer le sens profond, la plus humaine est celle-ci: Pour sauver l’humanité perdue le Dieu invisible est venu demeurer parmi nous sous la forme d’un homme et il n’a voulu se faire connaître qu’à ce seul signe: La bonté.

Published in:Uncategorized |on août 31st, 2016 |Comments Off

Sauce Islandaise

En Islande, l’âge de départ en retraite est de 67 ans. Nos interlocuteurs nous ont précisé que certains Islandais travaillent même jusqu’à 70 ans et voudraient continuer encore plus longtemps. Une population jeune Le système de financement par répartition, basé sur le prélèvement de cotisations salariales, est menacé à court terme par la combinaison de trois facteurs : l’arrivée massive de la génération des baby-boomers à l’âge de la retraite ; l’espérance de vie de plus en plus longue et un taux de natalité relativement bas. Cette problématique, difficile pour la plupart des pays occidentaux, n’est pas une difficulté insurmontable en l’Islande. En effet, la structure de la répartition de la population par tranche d’âge est différente et le pays est jeune. Ainsi, à la fin de 2004, 29,6% de la population avaient moins de 20 ans, et seulement 11,8% plus de 65 ans. Quant à l’âge moyen de la population en Islande, en 2005, il était de 35,9 ans. Les taux d’activité par tranche d’âge sont aussi significatifs : 61,7% chez les seniors (55-74ans), et 60,9% chez les jeunes (16-24ans). Considérant la situation du chômage, on ne peut pas parler de problème de sous-emploi en Islande, comme cela a tendance à être le cas dans les autres pays occidentaux. Un choix de financement des retraites judicieux Autre différence majeure avec la problématique des pays européens : dans ce contexte de pleine activité, le système de financement des retraites s’organise essentiellement autour des fonds de pension. En Islande, les fonds de pension ont été créés en 1969 et sont devenus obligatoires dès 1974. Aujourd’hui, chaque salarié doit verser 10 % de son salaire brut dans un fonds de pension. Le système de financement fonctionne ainsi depuis plus de trois décennies et il est inutile de prélever des cotisations supplémentaires pour financer les retraites. Pour compléter ce mode de financement, certaines retraites sont payées par le biais d’allocations versées par l’assurance nationale et un système de complémentaires est prévu Les fonds de pension sont des fonds indépendants, non gouvernementaux et soumis à la surveillance de la Financial Supervisory Authority. A la fin de l’année 2003, ils étaient au nombre de 51. Pour en savoir plus: http://www.agence-seminaire-islande.fr

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Published in:Uncategorized |on juillet 11th, 2016 |Comments Off

Addiction au chaines infos

Face à une chaîne d’information en continu, “tout est fait pour qu’on soit captivés”, analyse Marie Lherault, sociologue des médias.Face à une chaîne d’information en continu, “tout est fait pour qu’on soit captivés”, analyse Marie Lherault, sociologue des médias. Difficile de décrocher des écrans télé des chaînes d’infos en continu en période d’attentats. Comment expliquer ce qui peut devenir une dépendance? Quels effets peut engendrer cet abus d’images et de témoignages? Depuis ce vendredi 13 novembre, Carine est “scotchée aux chaînes d’infos, mais aussi à Facebook et Twitter”. “Je sais que c’est complètement masochiste comme comportement, parce que je me rends bien compte que c’est anxiogène. Mais en même temps, ça me donne l’impression de maîtriser un peu la situation”, témoigne la jeune femme. Voilà, résumé en une phrase, tout le paradoxe de notre addiction aux chaînes d’infos lors d’événements tragiques comme ceux du 13 novembre. Difficile en effet de décrocher du flux continu et répétitif de ces fournisseurs d’informations lorsque l’on est soi-même dans la sidération face à ce qu’il vient de se passer. Comme si un cordon ombilical nous reliait au poste de télévision, alimentant à la fois notre soif légitime de savoir, mais aussi notre angoisse face à ces atrocités. Comment expliquer cette difficulté éprouvée par nombre d’entre nous à s’éloigner des écrans de télévision? A partir de quel moment ce trop plein de nouvelles provoque-t-il plus d’anxiété qu’autre chose? “Dans des circonstances comme celles que nous vivons depuis ces attentats, il y a comme un sentiment de fascination. Nous avons du mal à y croire, nous cherchons une forme de vérité, de réalité dans les témoignages et dans les images et ce, même si ces mêmes images tournent en boucle”, constate Virginie Spies, sémiologue et spécialiste des médias. “Ces chaînes d’information ont vocation à faire de l’audience. Elles font par conséquent en sorte de fournir des contenus à même de retenir le maximum de téléspectateurs. Ce qui n’enlève rien au fait qu’elles remplissent leur rôle de relais d’information, mais il faut garder à l’esprit qu’il ne s’agit pas d’un service public. Elles ont quelque chose à vendre. Tout est fait pour qu’on soit captivés”, ajoute Marie Lherault, sociologue des médias. “Il en résulte un flux quasi hypnotique, qui peut néanmoins aider à rendre présent l’inconcevable”. “Nous sommes alors souvent dans l’incapacité d’arrêter. D’autant moins lors de la première phase de couverture d’un événement, lorsque ce dernier est en train de se dérouler, comme ce fut le cas vendredi soir, jusqu’à la prise d’assaut par les forces de l’ordre du Bataclan.” Cette fascination s’explique et se comprend lorsque les actions se bousculent, mais elle devient plus toxique les jours qui suivent, lorsque les informations proposées par ces chaînes d’infos ne sont plus que la répétition de ce qui est arrivé. “Cela provoque alors comme une distorsion du temps. On est maintenu dans ce présent pourtant révolu”, remarque Marie Lherault. Si pour cette dernière, la répétition en boucle des images peut éventuellement contribuer à faire son deuil, à intégrer cette insoutenable vérité, “comme l’on peut, lors de la perte d’un être cher, regarder sans cesse sa photo”, elle n’aide pas néanmoins, à terme, à entamer la phase de “reconstruction”. “Ces images alimentent en outre notre côté voyeur, ne nous voilons pas la face”, abonde Virginie Spies. Un fait que ne cherche pas à nier Martin: “Je n’en suis pas fier, mais il doit y avoir en moi une sorte d’attirance-répulsion à entendre la description précise de la façon dont les faits se sont passés. Sinon comment expliquer que je puisse écouter trois ou quatre fois le même témoignage poignant d’une rescapée du Bataclan?” “Il y a sans doute quelque chose de rassurant à regarder tout cela depuis son canapé, en se disant à la fois que c’est atroce mais qu’heureusement, on est soi-même en sécurité”, commente Virginie Spies. Pour certains, rester “connectés” crée aussi l’illusion d’être moins isolé face à l’horreur: “je vis seule et honnêtement, sans ce lien vers l’extérieur, je ne sais pas trop comment j’aurais géré l’événement ce week-end. Je me leurre sans doute, I-Télé ou BFM ne sont pas les meilleures des compagnes, mais en étant grâce à elles au plus près de l’actualité, j’avais l’impression d’être moins isolée”, explique Clarisse, qui confesse malgré tout avoir du mal à se sortir “tout ça de la tête”. Attention, prévient néanmoins Marie Lherault. De nombreuses études prouvent que l’exposition prolongée à la violence -”et dans le cas des attentats du 13 novembre, la violence était omniprésente, qu’elle soit physique ou psychologique”- peut provoquer plusieurs types de réactions. “Cela peut avoir un rôle de catharsis, de libération de la parole et des émotions, ce qui peut être positif. Mais on constate aussi qu’à terme il peut y avoir au contraire un phénomène d’insensibilisation. Une expérience menée a ainsi montré que des personnes à qui l’on montre des images violentes et que l’on met ensuite face à une altercation ne réagissent pas. A l’inverse, celles qui n’ont pas été exposées à ces images tentent d’interrompre l’altercation. Enfin, dernier effet possible: une angoisse démesurée, avec l’impression que la menace est partout.” Marine, qui n’a quasiment pas éteint son poste de télévision lors des événements de janvier 2015 et la tuerie de Charlie Hebdo, confie ainsi avoir à un moment été contrainte d’arrêter: “Je devenais parano. Je ne pouvais plus entendre le moindre bruit sans être convaincue qu’un terroriste s’était introduit chez moi. Je n’avais plus un moment de sérénité.” Cette fois-ci, Marine a refusé d’allumer “BFM ou i-Télé” et tente de limiter au maximum les informations.

Published in:Uncategorized |on mai 18th, 2016 |Comments Off

La nouvelle liberté

Il faut la concevoir la liberté comme capable d’une énergie et d’une flexibilité dont les bornes nous sont inconnues. Le possible et le probable ont beau n’être au fond que des idées, auxquelles répondent primitivement dans les objets des rapports réels et certains, ces idées réagissent secondairement sur la nécessité aveugle. L’idéale indétermination de l’avenir pénètre dans le déterminisme même sous cette forme d’idée, et d’idée directrice. Est-ce là une indétermination absolue?—«Si nous pouvions tenir compte de tout ce qui agit dans l’âme d’un homme, disait Kant, nous pourrions calculer sa conduite future.» On a essayé, dans cette question, de retourner contre Kant le principe même dont il est parti, à savoir que les phénomènes, ou cela seul qui est objet de représentation, tombent sous le déterminisme. Et qu’est-ce qui est objet de représentation? Des faits; or, selon certains néo-kantiens ou criticistes, les faits ne peuvent être que ce qui est accompli déjà; le passé, selon eux, est donc seul soumis aux lois nécessaires. Il serait contradictoire, ajoutent-ils, de nous dire que l’avenir peut nous être représenté et plus évidemment encore de dire qu’il peut nous être présenté:—«Cet avenir prétendu n’est qu’un passé décoré du nom de futur. L’avenir ne peut donc être déterminé.»—Dans ce passé, a-t-on dit encore, qui a été et qui est, avec le présent, la seule réalité achevée ou s’achevant, il y a sans doute une nécessité; «mais le futur est encore dans le néant; on ne peut pas dire qu’il soit nécessité, car il n’est pas.» Nous ne saurions admettre ce raisonnement. Le déterminisme ne porte pas seulement sur les phénomènes et sur les faits accomplis, mais sur leurs lois de succession. Or, si le phénomène est passé, la loi peut et doit être toujours présente. Ce n’est donc pas seulement «le passé qui est soumis aux lois nécessaires»; par cela même que nous concevons des lois et encore mieux des lois nécessaires, ces lois sont indépendantes du temps et des termes mêmes qu’elles relient. Donc encore, si nous nous représentons ou présentons l’avenir, ce n’est pas seulement en nous représentant des phénomènes passés, mais en concevant des rapports présents et futurs; il n’y a là rien de contradictoire. L’avenir n’est pas un simple passé décoré du nom de futur: c’est le passé, plus une loi qui est toujours actuelle. Donc enfin «l’avenir peut être déterminé».—D’ailleurs, l’argument qu’on vient de lire prouverait trop et s’appliquerait même aux lois physiques et astronomiques; on ne pourrait plus prédire une éclipse, pour cette raison qu’elle est un passé décoré du nom de futur ou qu’une éclipse à venir ne peut être nécessitée puisqu’elle n’est pas. La vraie question n’est point de savoir si les phénomènes futurs peuvent être présents, mais si leur loi et leurs conditions ou causes peuvent être présentes et relier les divers moments de la durée.

Published in:Uncategorized |on mai 18th, 2016 |Comments Off

Pas de progrès sans risque

Durant un séminaire à Los Angeles la semaine dernière, un intervenant a fait une allocution très intéressante sur l’attention accordée au risque dans notre société. Ce dernier a en effet tendance à polluer notre quotidien et nous impacte à notre insu. Les médias nous exposent chaque jour un tas de risques: ingérer des légumes gavés de pesticides, s’exposer au soleil, ne pas faire assez de sport, et caetera. Le catalogue des activités à risque ne cesse d‘ailleurs d’évoluer. Nous sommes littéralement hantés par les risques qui nous entourent, qu’on parle du réchauffement climatique ou des centrales nucléaires qui explosent. Pour faire simple, nous pataugeons à l’heure actuelle dans un climat où tout le monde voit des risques dans tout. Evidemment, leur probabilité est en général surestimée. Mais cette appréciation subjective des risques — tant au niveau de leur probabilité que de leur incidence - complique cependant pas mal la tâche des autorités, puisqu’elles sont confrontées à un électorat qui désire un monde sans risque. Tous les risques doivent être repoussés, tant pour les cyclistes, les investisseurs, ou les usagers des chemins de fer. Ce qui pose problème, c’est que cette absence de prise de risque étouffe dans le même temps la prospérité. Le risque est d’une certaine manière inscrit dans nos gènes : si nos ancêtres avaient eu la même répulsion face au risque, nous vivrions encore dans des grottes. Qu’il s’agisse de révolutions économiques, de progrès médicaux, de réussites professionnelles ou d’opérations tactiques, tous sont impossibles sans prise de risque. Sans la décision risquée de Christophe Colomb de se mettre à la recherche d’un passage occidental vers l’Inde, nous n’aurions jamais connu les États-Unis. Ce qui est sûr, c’est que sans des personnes prêtes à prendre des risques, le progrès est inconcevable. Le discours tenu durant ce séminaire à Los Angeles a eu une forte résonnance en moi, car c’est exactement ce à quoi est, selon moi, confrontée chaque jour une entreprise : au risque. Un risque essentiel pour concevoir de la richesse. Les entreprises créent chaque jour de la richesse en prenant des risques, aussi bien en développant un nouveau produit qu’en reprenant une autre entreprise. Pour progresser, une sociét se doit de prendre des risques. Pour plus d’infos : http://www.agence-seminaire.fr/seminaires-ailleurs/agence-seminaire-aux-usa/agence-seminaire-los-angeles/

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Published in:Uncategorized |on février 19th, 2016 |Comments Off

Le problème des dogmes révolutionnaires

Chacun des dogmes essentiels qui composent la doctrine révolutionnaire et politique constitue, en effet, une indication nécessaire à laquelle doit satisfaire, sous peine de nullité, toute tentative réelle de réorganisation sociale, pourvu toutefois qu’on cesse de prendre un vague énoncé du problème pour une vraie solution. Ainsi envisagés, ces principes rappellent, à divers titres, la consécration politique de certaines obligations capitales de morale universelle, que l’école rétrograde, malgré ses vaines prétentions, devait essentiellement méconnaître, parce que le régime qu’elle proclame a depuis long-temps perdu la faculté de les remplir. En ce sens, le dogme fondamental du libre examen oblige réellement la réorganisation spirituelle à résulter d’une action purement intellectuelle, déterminant, à l’issue d’une discussion complète, un assentiment volontaire et unanime, sans aucune intervention hétérogène des pouvoirs matériels pour hâter, par une inopportune perturbation, cette grande évolution philosophique. Pareillement, dans l’ordre temporel, le dogme de l’égalité et celui de la souveraineté populaire peuvent seuls imposer énergiquement aujourd’hui aux nouvelles classes et aux nouveaux pouvoirs l’impérieux devoir, si aisément oublié, de ne se développer et s’exercer qu’au profit du public, au lieu de tendre à l’exploitation des masses dans des intérêts individuels. Ces diverses moralités politiques, que jadis l’ancien système observa nécessairement pendant sa virilité, ne sont maintenues désormais, avec quelque efficacité, que par la doctrine révolutionnaire, dont l’inévitable décroissement commence même, sous ce rapport, à devenir très regrettable, tant que son office n’est point, à cet égard, mieux rempli. Jusque alors, sa suppression, si elle était possible, serait éminemment dangereuse, en livrant, sans contrôle, les sociétés actuelles aux diverses tendances oppressives qui se rattachent spontanément à l’ancien système politique. Si, par exemple, le dogme absolu du libre examen pouvait aussitôt disparaître, ne serions-nous point, par cela seul, immédiatement livrés au ténébreux despotisme des faiseurs ou des restaurateurs de religions, bientôt conduits, après un infructueux prosélytisme, à employer les mesures les plus tyranniques pour établir matériellement leur vaine unité rétrograde? Il en est de même à tout autre égard. Rien ne saurait donc autoriser les aveugles déclamations si fréquemment dirigées de nos jours contre la philosophie révolutionnaire, par tant de gouvernans et tant de docteurs qui ne peuvent pardonner à la société actuelle de ne point ratifier passivement leurs irrationnelles entreprises. Si cette philosophie devait vraiment empêcher toute réorganisation réelle, le mal serait dès-lors incurable, puisque son influence capitale constitue aujourd’hui un fait accompli, et ne peut cesser graduellement que par le développement même de cette réorganisation, dont elle était surtout destinée à préparer et à faciliter les voies. Mystiquement conçue dans un sens absolu et indéfini, la doctrine critique manifeste, sans doute, par sa nature, une tendance nécessairement anarchique, que j’ai ci-dessus assez caractérisée. Il serait néanmoins absurde d’exagérer cet inconvénient capital, au point de l’ériger en obstacle tout-à-fait insurmontable. On a beau déplorer aujourd’hui, au nom de l’ordre social, l’énergie toujours dissolvante de l’esprit d’analyse et d’examen: cet esprit n’en demeure pas moins éminemment salutaire, en obligeant à ne produire, pour présider à la réorganisation intellectuelle et morale, qu’une philosophie vraiment susceptible de supporter avec gloire l’indispensable épreuve décisive d’une discussion approfondie, librement prolongée jusqu’à l’entière conviction de la raison publique; condition fondamentale, à laquelle heureusement rien ne saurait désormais nous soustraire, quelque pénible qu’elle doive sembler à la plupart de ceux qui traitent maintenant la question sociale. Une telle philosophie pourra seule ultérieurement assigner à cet esprit analytique les vraies limites rationnelles qui doivent en prévenir les abus, en établissant, dans l’ordre des idées sociales, la distinction générale, déjà nettement caractérisée pour toutes les autres conceptions positives, entre le propre domaine du raisonnement et celui de la pure observation.

Published in:Uncategorized |on février 19th, 2016 |Comments Off


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